Jeep Wrangler 4xe : la grande aventure électrique

Par Marc Bouchard | mardi 29 juin 2021 | BlogueSur la route

Si vous m’aviez dit, un jour, que c’est au volant d’un véhicule électrique que j’aurais parcouru des dunes de sable, je ne vous aurais jamais cru. Pourtant, c’est maintenant possible, et presque sans remarquer la différence, grâce au Jeep Wrangler 4xe.

Bon évidemment, on ne parle pas de véritable véhicule électrique. Plutôt d’une version électrifiée un peu timidement du Jeep Wrangler traditionnel. Car s’il est branchable, il n’offre qu’une quarantaine de kilomètres d’autonomie entièrement électrique. Ce qui est mieux que rien, direz-vous, ais qui pourrait bien devenir plus important au fil des prochaines années.

Malgré tout, cette version branchable est efficace. Tellement en fait qu’en utilisant régulièrement le branchement, j’ai pu maintenir une moyenne de 8,1 litres aux 100 kilomètres, malgré mes différentes aventures à son volant. Et sans ménagement, faut-il le préciser. Les amateurs et propriétaires de Jeep en verdissent probablement d’envie, puisque la moyenne ordinaire est largement supérieure à cela.

Un aventurier

D’entrée de jeu, plaçons les choses dans leur juste perspective : le Jeep 4Xe, dans ma version d’essai, était un Rubicon, celui qui est toujours en tête de liste pour les capacités hors route. La motorisation électrique qu’on lui a greffée n’a rien changé à ses capacités. Il est toujours doté d’un rouage Roc Trac et de sa qualification Trail Rated qui le rendent presque imperméable aux échecs hors route.

J’en veux pour preuve le fait que je suis allé me promener allègrement dans une sablière (merci Carrières Saint-Dominique) et, sans hésitation, il a franchi la quasi-totalité des obstacles. J’oserais dire que seuls ceux qui ont fait peur au pilote n’ont pas réussi à être franchi, ce qui en dit long sur les capacités de ce Jeep.

Des pneus efficaces

Précisons tout de suite que le Jeep Wrangler est équipé pour les sentiers ardus. Il dispose de pneus BF Goodrich KO2 capable de le mener aux plus grands extrêmes. Car rappelons-le, il s’agit vraiment d’un Wrangler Unlimited. Comme tous les Jeep qui se respectent, il est doté d’un rouage 4 roues motrices à gammes haute et basse sélectionnables manuellement. Le différentiel verrouillable et la capacité de déconnecter les barres antiroulis pour augmenter le débattement des suspensions favorisent aussi le passage sur, littéralement, n’importe quel obstacle.

Quant aux pneus, s’ils sont bruyants sur le tarmac, ils ont démontré leur impeccable tenue de route dans les sentiers plus accidentés. Et, à ma grande surprise, ont littéralement dominé les dunes de sable les plus exigeantes, mordant au bon moment tout en évacuant avec suffisamment de rapidité les matériaux pour ne pas rester bloqué.

Un poids lourd

Il y a tout de même des différences notables en matière de conduite avec cet explorateur électrique. Le poids des batteries de 17 kWh, logées sous la banquette arrière, vient bien sûr alourdir le tout. Mais c’est davantage la disponibilité instantanée du couple qui modifie un peu la façon de se comporter. Car rappelons-le, dans le sable mou, la moindre hésitation peut entrainer un arrêt bien involontaire. La nuance est aussi vraie dans l’autre sens cependant : une accélération trop vi9ve risque d’enfoncer davantage les roues motrices, rendant la sortie plus périlleuse.

Bref, il faut savoir doser quand le moteur électrique assume la propulsion. Mais on s’y habitue rapidement. En revanche, quand le moteur 4 cylindres 2,0 litres turbo prend la relève, on est au volant d‘un Jeep Rubicon tout ce qu’il y a de traditionnel… et d’exceptionnel hors route. Je l’ai déjà dit, mais le répète sans hésiter : rouler dans des conditions difficiles me satisfait autant, sinon plus, que de prendre le volant d’une puissante voiture sur une piste. Et le Rubicon, aussi électrifié soit-il est exactement le véhicule pour le faire.

Sur la route

Il faut savoir que les 375 chevaux du Jeep et ses 470 livres-pied de couple rendent les accélérations dignes de mention. Le Jeep 4xe est donc un véhicule tout à fait capable de prendre la relève sur la route, sans hésitation. Il

Il est vrai qu’il brasse un peu, qu’il est bruyant, mais c’est un Jeep dans toute sa splendeur. Il ajoute même un toit ouvrant électrique, que l’on peut ouvrir sans se battre sur simple pression d’un bouton. Tous les éléments de confort, incluant le système Uconnect, sont de mise.

En fait, si ce n’était de quelques appliques de couleur différente, d’une trappe supplémentaire pour la recharge (qui se fait sur des prises de maison ou sur une borne ordinaire, mais pas sur une borne rapide en 2,5 heures), personne ne pourrait faire la différence entre la version électrifiée et la version normale.

Pour Jeep, c’est un premier pas dans la direction électrique. Une version 100% électrique serait éventuellement en projet. Pour l’amateur de Jeep cependant, c’est une alternative plus qu’intéressante en matière de capacités et d’économie de carburant. Petit détail, le 4xe est aussi disponible en d ‘autres déclinaisons que la Rubicon, ce qui en diminue un peu les attributs hors route, mais en abaisse considérablement le prix d’achat.

Alors, oui ou non au Jeep hybride branchable? La réalité, c’est qu’un Jeep demeure un Jeep aussitôt qu’il est débranché!

 

 

À propos de l’auteur

Marc Bouchard is passionate about cars... and many other things. He started out as a general journalist and has been working on cars for the past twenty years. We see him on TV, hear him on the radio and read about him everywhere. Often called upon as an expert analyst.

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